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La contagion émotionnelle : le pouvoir « invisible » de la dynamique collective

Thématique : intelligence émotionnelle




1. Les émotions, pilier de la dynamique d'équipe


L’organisation est une toile sociale tissée de liens émotionnels entre les employés Rafaeli cité par Christophe Haag et Hervé Laroche

Cette assertion souligne l'influence profonde et souvent sous-estimée des émotions dans le monde professionnel.


Les émotions ne connaissent pas de frontières. Elles ne restent pas à l’extérieur de l’entreprise. Elles constituent un réseau invisible, mais puissant, modelant chaque interaction et décision.


Qu'elles soient exprimées ou refoulées, positives ou négatives, les émotions sont omniprésentes et jouent un rôle crucial dans la performance des organisations.


Samah Karaki, dans son ouvrage, le travail en équipe, nous offre à ce sujet, une métaphore éclairante. Elle compare le travail en équipe à un bâtiment à trois étages.



Collaborer se construit sur différents niveaux
La collaboration : une performance collective

Schéma créé à partir de l'ouvrage : le travail en équipe, Samah Karaki


Les fondations, c'est le capital de compétences, de connaissances, d'expérience passée, etc. Si elles sont fragiles, elles doivent être renforcées, sans cela, le bâtiment risque de s’effondrer.


Pour accéder au 2ème étage, où réside une véritable capacité de collaboration, il faut d'abord passer par le 1er étage : l'état émotionnel.


Si cet étage est en feu, inondé, ou dans le noir, il est difficile de progresser 🧱. Une énergie positive doit circuler pour ouvrir la voie 🌉 vers le 2ème étage, où la magie de la collaboration opère

Il est clair que la qualité de la collaboration dépend de l’état affectif des personnes impliquées.



Le Manager est le pivot émotionnel de l'équipe


Le manager, de part sa place et son impact, joue un rôle clé.


Un manager émotionnellement intelligent sera capable de “gérer” les états émotionnels : les siens et ceux de son équipe, favorisant ainsi un climat stable et propice à la performance (amenant son équipe à pouvoir atteindre le 2nd étage de la maison). La conscience de la contagion émotionnelle, cette influence (résonnance) est cruciale pour permettre au manager de :


  • Favoriser l'expression des émotions au sein de l'équipe.

  • Créer un climat émotionnel propice au travail collaboratif.

  • Réguler les émotions pour maintenir l'équilibre au sein du groupe.


Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer.  Saint-Exupéry


2. La Résonnance Sociale ou l'effet domino des émotions


L’ambiance : un révélateur du climat émotionnel


C’est d’autant plus important que les émotions au travail ne se limitent pas aux interactions individuelles : elles créent une ambiance générale qui influence la perception et la productivité de chacun. Qu'il s'agisse de la tension palpable lors d'une échéance importante ou de l'excitation d'une réussite collective, l'ambiance façonne notre manière de percevoir notre environnement et d'interagir avec lui.


Voici quelques histoires vécues, partagées par mes clients, qui illustrent l'influence subtile mais puissante de l'émotion collective :


Dans une grande entreprise, le Directeur Général, tentant de remobiliser ses troupes après une période de turbulences, a involontairement instillé une énergie agressive et une apathie paralysante. Son propre stress, sa crainte de ne pas atteindre les objectifs, se sont infiltrés dans chaque étage de l'organisation, laissant les équipes fatiguées, tendues, luttant pour trouver le souffle nécessaire à la collaboration.


L'arrivée d'une nouvelle manager au sein d'une équipe bien établie s'est avérée être un défi inattendu. Lors des réunions, une ambiance pesante s'est immiscée, une forme d'exclusion non verbalisée mais fortement ressentie par la nouvelle venue. Les regards échangés entre les anciens, les conversations qui se tarissaient à son approche, tout indiquait un message tacite mais clair : "Tu n'es pas encore l'une des nôtres."


Une équipe technique, pourtant compétente, était entravée par une colère sourde, un héritage d'anciennes querelles jamais résolues. Les non-dits, les regards furtifs et les silences lourds de sens entre certains membres créaient un climat de méfiance, chaque réunion devenant un exercice de diplomatie où une “véritable” communication est souvent la grande absente.


Ces anecdotes illustrent l'impact de ce que j'appelle 'l'atmosphère du premier étage de la maison'. C'est l'ambiance initiale, celle qui accueille chaque collaborateur dès le seuil franchi et qui, bien souvent, détermine la dynamique de la journée de travail.


Cette atmosphère peut être façonnée, tant positivement que négativement, par les émotions prédominantes et se répercuter à travers toute l'organisation.


L’ambiance peut être définie comme un espace-temps éprouvé en termes sensibles. Avec l’ambiance, il s’agit moins de percevoir un paysage  ou de mesurer un environnement que de ressentir des situations et d’éprouver la contexture sensible de la vie sociale. C’est dire que l’ambiance est de nature fondamentalement pluri-sensorielle, convoquant simultanément toutes les modalités de la perception (vision, audition, olfaction, toucher, goût, mouvement). En aucun cas réductible au registre de la représentation, l’ambiance fait preuve d’une puissance d’immersion, d’imprégnation et de contagion qui façonne nos états du corps et nos capacités mêmes de sentir. Elle n’est pas un objet de la perception – comme pourrait l’être par exemple un spectacle ou un paysage – mais la condition même de la perception. En d’autres termes, nous ne percevons pas l’ambiance à proprement parler, nous percevons selon elle. Extrait : psychologie environnementale : 100 notions clés, Jean-Paul Thibaud

Nous percevons notre environnement selon l’ambiance dans laquelle nous évoluons. Cela influence notre appropriation des évènements, tout autant que la qualité des interactions. Elle joue un rôle clé. Le schéma ci-dessous qui présente les 6 dimensions de l’ambiance traduit l’impact de la qualité de celle-ci (agréable, stimulante ou stressante).



Une ambiance se construit sur 6 dimensions
Les 6 dimensions de l'ambiance au sein d'un collectif



La contagion émotionnelle : un phénomène inconscient mais puissant quand le ressenti se propage.


Finalement cette ambiance, elle se construit à partir de l’influence de certains sur le climat.


Imaginez une réunion où un participant est d’une humeur tendue, voire agressive. Il transforme instantanément l'atmosphère, surtout s’il occupe une position de leader. Cette tension se diffuse, touchant chacun, altérant la communication et l'efficacité de la réunion.


Lorsque j’étais directrice de réseau, l'impact de l’ambiance sur une visite magasin était un phénomène frappant et fortement dépendant de l'état émotionnel d'un directeur régional. Lorsque ce dernier était stressé ou peu confiant, son ton devenait plus sec, sa capacité d'écoute diminuait, créant une atmosphère inconfortable pour tous. Les employés, hésitants, avaient du mal à s'ouvrir, influençant à leur tour mon propre ressenti.


À l'inverse, lorsque le directeur affichait ouverture et confiance, partageant sa fierté de présenter l'équipe, l'ambiance changeait radicalement. Le ton était plus léger, l'atmosphère accueillante, rendant les visites bien plus agréables et productives.


Je pourrai donner un exemple parlant de l’influence de mes propres émotions. Comment un état de fatigue, peut par exemple propager chez moi et donc chez mon interlocuteur, une sensation d’impatience inconfortable…




Vous voulez renforcer la dynamique d'équipe




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